Dans une fable de La Fontaine que vous connaissez certainement, il est question de deux plaideurs qui se disputaient âprement une huître. Qu'arriva-t-il ? Ni l'un ni l'autre ne l'obtint et l'huître fut gobée par un arbitre auquel les deux naïfs avaient demandé de trancher le débat. En politique aussi, il se trouve toujours des arbitres pour tirer les marrons du feu. Tandis qu'Athènes, Thèbes et Sparte s'épuisaient en des guerres interminables, une rude nation du Nord suivait attentivement la tournure des événements, prête à intervenir au moment opportun...
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1 - Les rêves du roi de Macédoine.
Le pays qui guettait la Grèce, c'était la Macédoine, pays de paysans pauvres, robustes et batailleurs. On y admirait la Grèce, bien sûr ! Les Macédoniens se mêlaient même aux jeux olympiques et aux disputes... Le roi de Macédoine s'appelait Philippe. Tout enfant, il avait été mené comme otage à Thèbes et il avait compris que la Grèce agonisait. Plus tard, il rêva de conquérir ce beau pays. C'était un homme énergique, intelligent et rusé ; il savait flatter, duper... Les scrupules ne l'étouffaient pas.
2 - Une imposante armée.
Mais pour conquérir un territoire, il ne suffit pas d'être malin, il faut aussi être fort. Il fallait donc une armée. Philippe monta une armée fantastique : chaque phalange comportait une masse de 4096 fantassins, sur seize rangs de profondeur, armés de sarrisses ou lances longues de 7 mètres. Pour atteindre la poitrine des soldats du premier rang, il fallait traverser six lignes de fer ! La cavalerie des Cataphractes était bardée de fer - on aurait dit des hannetons ! Les Peltastes formaient l'infanterie légère. Catapultes et béliers, protégés par des "tortues" formaient l'artillerie de siège. Une garde de "doryphores", porte-lances, encadrait le roi.
3 - Démosthène réveille les Grecs.
En 339, Philippe envahit la Grèce. D'avance, celle-ci se résignait...
Mais on vit, alors, à Athènes, un homme monter à la tribune du peuple. C'était Démosthène, le plus grand orateur de l'Histoire. Enfant, il manquait de souffle. Mais il s'était entrainé et maintenant, il savait parler. "Nous dormons, Athéniens !" hurla-t-il... Ses discours virulents décidèrent les Grecs à courir aux armes.
4 - Trop tard !
Mais l'appel de Démosthène venait trop tard. Depuis plus de dix ans, on avait laissé Philippe s'emparer de quelques colonies importantes, comme Olynthe... D'ailleurs, il y avait à Athènes même des "collaborateurs" vendus, tel l'orateur Eschyne. Seuls les Thébains apportèrent leur aide aux Athéniens pour barrer la route à l'envahisseur. La bataille décisive fut livrée en 338, à Chéronée, et Démosthène y combattit comme un lion. Mais les derniers défenseurs de la liberté grecque furent écrasés. Philippe ne prit aucune mesure contre Démosthène. A quoi bon ? Il était le maître de la Grèce... Et il nourrissait déjà d'autres projets...
5 - Coup de théâtre.
Pour s'assurer la fidélité des Grecs, Philippe décida d'attaquer la Perse, l'ennemie de toujours. Il fut proclamé généralissime et, avant le départ, il donna de grandes fêtes en l'honneur du mariage de sa fille. Soudain, le silence se fit... Un officier macédonien, assouvissant une vengeance personnelle, venait de poignarder Philippe. A Athènes, Démosthène parut, vêtu de blanc et criant de joie... Mais !...
(à suivre)